Il y a un mois, nous avions évoqué ici la grande étude publiée par axpo en mars. Pour rappel : après une analyse minutieuse des coûts et des impacts des différents modes de production d’électricité, axpo retient deux scénarios : l’un audacieux, l’autre politiquement correct.
Les points communs entre les deux : la promotion du photovoltaïque (PV) sur les toits doit s’arrêter au contraire de l’énergie éolienne jouerait un rôle plus important. Les deux scénarios prévoient également un rôle pour le gaz, l’un dans le cadre de l’approvisionnement de base, l’autre avec le soutien de deux grandes centrales nucléaires.
Les centrales à gaz faisaient partie de la stratégie énergétique dès le départ. Entre 2012 et 2015, Doris Leuthard avait évoqué trois ou quatre centrales. Mais l’accord de Paris sur le climat fut signé en 2015. Dans ce contexte, le gaz producteur de CO 2, faisait tache. Le département de Doris Leuthard a donc discrètement fait disparaître les centrales à gaz, remplacées par davantage d’énergie photovoltaïque et éolienne.
Mais voilà que les centrales à gaz refont surface. Axpo parle toutefois de centrales qu’on ne fait fonctionner que lorsqu’on en a absolument besoin. Et lorsqu’elles fonctionnent, c’est probablement au fioul plutôt qu’au gaz – nous n’avons en effet pas de stockage de gaz et les réserves éventuelles servent à la cuisine et au chauffage. Et on peut oublier le «zéro net» d’ici 2050, tel qu’il a été décidé par le peuple.
Le poids de l’énergie éolienne suscite l’étonnement. En Suisse, elle est aussi impopulaire qu’inefficace. Alors que les facteurs de capacité atteignent près de 50 % sur les côtes du mer du Nord, ils s’élèvent en moyenne à 17 % en Suisse. Sa construction n’est pourtant pas bon marché – bien au contraire. Alors qu’une grande centrale nucléaire, sur une superficie d’environ 50 hectares, produit chaque année 10 térawattheures d’énergie, il faudrait pour cela près de 600 grandes éoliennes de 200 mètres de haut !
Plus on étudie les analyses d’Axpo, plus on a l’impression qu’une bataille d’arrière-garde se prépare. Bien sûr, Axpo ne peut pas dire « nous allons construire une centrale nucléaire ». C’est (encore) interdit. On attend avec impatience le prochain rapport stratégique d’Axpo – si la contre-proposition de Rösti à notre initiative est acceptée par le peuple.