Le Conseil des États a examiné aujourd’hui l’initiative « De l’électricité pour tous à tout moment (Stop au black-out) » et la contre-proposition du Conseil fédéral au cours d’un débat intense qui a duré plusieurs heures. Le Club de l’énergie suisse se réjouit que le Conseil des États ait voté en faveur de la suppression de l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires par 26 voix contre 12 et 3 abstentions.
Une majorité des deux tiers en faveur de la suppression de l’interdiction technologique
La suppression de l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires, avec la suppression des articles 12a et 106, alinéa 1bis, de la loi sur l’énergie nucléaire, a été approuvée à une large majorité, par 26 voix contre 12 et 3 abstentions.
L’initiative elle-même a été rejetée par 33 voix contre 8 et 1 abstention, car elle empêcherait à moyen terme la construction de centrales à gaz qui pourraient s’avérer nécessaires.
Une seule proposition individuelle acceptée
La proposition du conseiller aux États Damian Müller, qui visait à interdire le financement d’une centrale nucléaire par les pouvoirs publics, a été rejetée par 26 voix contre 13 et 3 abstentions. De même, la proposition individuelle de la conseillère aux États Häberli-Koller a été rejetée par 23 voix contre 17 et 1 abstention. Elle souhaitait n’autoriser que les centrales nucléaires non réfrigérées à l’eau. La proposition individuelle de la conseillère aux États Gmür-Schönenberger, qui souhaitait n’accepter que les demandes d’autorisations générales pour de nouvelles centrales nucléaires dont le financement était assuré de manière crédible, a en revanche été acceptée par 26 voix contre 9. Ainsi, les sites pour les nouvelles centrales nucléaires ne sont pas limités, le choix du type de réacteur est libre et le financement des nouvelles centrales nucléaires doit être assuré.
Un monde différent de celui de 2017
Au cours du débat, le conseiller fédéral Rösti a souligné que pour l’approvisionnement électrique de demain, nous devons choisir entre des centrales à gaz nuisibles au climat, des importations d’électricité incertaines ou de nouvelles centrales nucléaires. Selon l’Office fédéral de la protection de la population, la pénurie d’électricité est le risque le plus important et le plus coûteux pour la Suisse.
Le conseiller fédéral Rösti a également déclaré que le monde avait changé sur le plan géopolitique mais aussi sur le plan intérieur avec l’objectif de zéro émission nette. Personne ne perdrait la face en se prononçant à nouveau en faveur de l’énergie nucléaire, comme l’a fait hier l’UE lors du sommet sur le nucléaire à Paris.
Le dernier mot reviendra aux électeurs, car les Verts ont déjà annoncé un référendum.