Dans le domaine de la conversion d’énergie, on distingue différents indicateurs. Les plus importants sont le rendement et le facteur de capacité. Le rendement indique le pourcentage d’énergie qui n’est pas perdu lors d’une conversion. Il est de 20 à 25 % pour les cellules photovoltaïques et d’environ 95 % pour les moteurs électriques. Le facteur de capacité indique la part de la production d’électricité maximale possible qui est effectivement produite. Il est d’environ 10 % pour les cellules solaires en Suisse et de 90 % pour les centrales nucléaires.
Le facteur de rendement est quant à lui rarement pris en compte. Il est également moins facile à comprendre. Il indique la quantité d’énergie qu’une installation de conversion d’énergie fournit au cours de sa durée de vie, par rapport à l’énergie qui doit être dépensée pour sa fabrication, son exploitation et son démantèlement ; dans le jargon technique, on parle d’EROEI (Energy Return on Energy Invested).
C’est en agriculture que l’on comprend le mieux ce principe : il y a 200 ans, celui qui semait un grain de blé pouvait en récolter 10 à 12. C’était l’époque des famines. Aujourd’hui, les agriculteurs récoltent 10 fois plus, soit 100 à 120 grains récoltés par grain semé, correspondant à un facteur de rendement de 100 à 120.
La situation est nettement plus complexe dans le domaine de l’énergie. Un mètre carré de cellules solaires produit environ 5 MWh au cours de sa durée de vie de 25 ans. Quelle quantité d’énergie a été dépensée pour la production des cellules solaires, pour la fabrication des panneaux et leur montage, et combien en faudra-t-il pour les éliminer un jour ?
Ces chiffres sont très difficiles à déterminer. Les estimations du facteur de rendement de l’énergie solaire varient entre 0,9 (Ferroni et Hopkirk) et 8 (Raugel et al.). Pour être économiquement viable, il faut un facteur de rendement d’au moins 5.
Pour les centrales nucléaires, on table sur un facteur de rendement compris entre 80 et 100.
Pourquoi le facteur de rendement n’apparaît pas dans les calculs de rentabilité ? Il fait pourtant partie du calcul des coûts de production et l’énergie nécessaire à la production doit être payée. Pourquoi alors la production d’électricité solaire n’est-elle beaucoup plus chère que celle de l’électricité nucléaire ? C’est que les coûts pour l’énergie nécessaire ne font qu’une petite partie des coûts globaux de production qui doivent également inclure, par exemple, les coûts de main-d’œuvre.
Les panneaux solaires sont fabriqués en Chine par une main-d’œuvre très bon marché. Certains affirment même qu’il s’agit de travail forcé. À l’inverse, la construction, l’exploitation et le démantèlement des centrales nucléaires nécessitent des spécialistes techniques rémunérés aux salaires suisses. On passe cela systématiquement sous silence !